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DEMBA BABEL SOW, DEPUTE DE LA DIASPORA DEPARTEMENT EUROPE DU NORD « IL N’Y AURA PAS DE SOLUTION AUX PROBLEMES DE L’IMMIGRATION TANT QUE…»

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DEMBA-SOW-600x291Député de la Diaspora département du Nord, du Centre et de l’Ouest, résident en France, Demba Babel Sow revient, dans cet entretien, sur la situation générale de nos compatriotes en Occident comme sur la nouvelle approche de gestion des émigrés. Non sans manquer de mettre en exergue les actions de l’Etat pour endiguer le phénomène de l’immigration, en termes d’emploi des jeunes, et surtout de rendre un hommage mérité au peuple sénégalais et au Président Macky Sall pour avoir fait de la diaspora une réalité dans la prise de décision politique.
Une première dans l’histoire politique du Sénégal de voir des députés de la diaspora siéger à l’Assemblée nationale. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous?

Vous l’avez bien dit. Ceci est une révolution dans la pratique parlementaire de l’histoire politique du Sénégal. Au niveau africain, le Sénégal a innové en la matière. J’avoue que c’était une vieille revendication de la diaspora. Le président de la République, en campagne présidentielle, avait clairement soutenu l’idée de faire de la diaspora la quinzième région du Sénégal. La promesse a été donc tenue. Le 30 juillet 2017, 15 députés de la diaspora ont été élus dans 8 départements. Toutefois, je réaffirme ce que j’ai toujours soutenu. Nous ne voulons pas être des députés d’une promesse électorale tenue, mais de dignes représentants de leurs compatriotes et globalement de tous les Sénégalais. Parce que nous avons toujours soutenu que tant que ce sont des experts qui parleront des problèmes de l’immigration, il n’y aura point de solution… Sincèrement, nous remercions le peuple sénégalais, en premier le chef de l’Etat Macky Sall. Aujourd’hui, ce sont des Sénégalais issus de l’immigration qui portent les problèmes de leurs compatriotes. Et sur ce, nous pensons pouvoir faire des avancées significatives durant cette législature et assurer la relève.

-En quoi faisant?

Il y a une approche nouvelle qui est celle de gérer en amont les problèmes de nos compatriotes. Nous ne voulons plus nous atteler à gérer seulement l’actualité. Je veux dire des questions ponctuelles, par exemple, lorsqu’un compatriote perd la vie, est en prison, devant la justice ou malade. Mais nous voulons être en contact permanant avec les compatriotes pour apporter des réponses aux différents problèmes posés.

-Aujourd’hui, la situation des compatriotes en Afrique, en Europe, en Amérique est assez délicate. Qu’est-ce qui l’explique et où en est la nouvelle approche?

C’est vrai, la situation de nos compatriotes est assez critique actuellement. Très souvent, ils ont été tués pour des raisons raciales ou liés à leur appartenance. Avant, lorsque qu’il y avait perte de vie, devant les médias et les caméras, on s’indignait et après, une fois que les lumières des projecteurs sont éteints, on laissait la famille dans la douleur, les démarches et le désarroi. Mais depuis, le président Macky Sall a pris des décisions nouvelles et les députés approuvent. Aujourd’hui, lorsqu’un malheur survient, un dispositif de suivi est activé, à savoir l’assistance nécessaire des représentations diplomatiques et consulaires de ces différents pays pour qu’une enquête soit ouverte, pour porter plainte, rapatrier le corps, assister la famille et même jusqu’au procès. Donc, grosso modo, l’approche nouvelle, c’est le pouvoir d’influer sur la prise de décision et d’autre part l’assistance de nos compatriotes dans l’obtention des cartes de séjour, d’identité et autres. S’y ajoute aussi les allocations familiales.

-Dans bien des cas, beaucoup de Sénégalais sont sur la sellette pour avoir été en porte-à-faux avec les lois et règlements dans ces pays. Est-ce une méconnaissance des normes établies dans ces pays ou alors une défiance?

Très souvent, nous Sénégalais pensons être en règle sous prétexte que nous ne vendons pas de la drogue, ne tuons pas…Donc, rien d’illicite. Mais, nous oublions que tout est normé dans ces pays. Faire valoir ceci « Je vends des objets d’art pour me nourrir et nourrir ma famille » en faisant fi des dispositions organisationnelles n’est pas acceptable. Ce qui peut être accepté à Sandaga, Pikine, Guédiawaye ne peut l’être à Versailles, Pigalle, ou à la place de Diderot. Mais, en même temps, je les comprends parfaitement. Parce que sachant qu’aujourd’hui, ce qu’il y a à faire, c’est de renverser le paradigme en stoppant l’immigration.

Je pense qu’avec les actes que le président est en train de poser depuis 2012 par rapport à l’agriculture, aux financements accordés et sur les perspectives gazières et pétrolières, il y a de quoi espérer et rester au Sénégal. On paye banalement 2,5 à 04 millions de F Cfa pour aller en Occident. Mais avec cet argent, on peut trouver quoi faire au pays, avec moins de contraintes et de soucis. Et je crois qu’on doit sensibiliser davantage. Moi, qui vous parle, j’ai fait 45 ans en France. Je ne me suis jamais pressé. Nous devons tous y travailler. Beaucoup de Sénégalais vivent dans la clandestinité. L’agriculture peut être un début de solution pour l’emploi.

sud Quotidien